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Tambour Chamanique : le pouvoir de guérison des sons dans le chamanisme

Le tambour chamanique tient une place essentielle dans les cérémonies d'un grand nombre de religions et spiritualités anciennes. Des dessins de grottes préhistoriques représentant des tambours illustrent le rôle important qu'il jouait dans les rituels de transe et de magie des religions primitives, il y a près de 25 000 ans.

Le chamanisme est considéré comme l'une des premières formes de religion. Il s'appuie sur les sons et rythmes du tambour pour établir une communication avec le monde invisible. Le tambour joue alors un rôle hautement symbolique, permettant d'accompagner le chamane dans son voyage et sa communication avec les esprits.

Au-delà de leur rôle sacré dans les rituels chamaniques, les sons du tambour ont une portée thérapeutique. Des recherches en neurosciences ont permis d'établir que les sons des tambours chamaniques permettaient d'accéder à des zones du cerveau généralement inexploitées.

Les origines de l'utilisation du tambour chamanique amérindien

Dans la tradition chamanique, les sons du tambour en peau de bison, ainsi que les chants, provoquent un état de transe ou d'extase, aidant le chamane à entrer en relation avec le monde des esprits. Lors de ce voyage extatique, il peut alors agir sur l'âme de son patient ou extraire la maladie de son corps : le processus de guérison se fait par une communication avec les esprits.

Les tambours pouvaient également être utilisés dans le cadre de rituels spécifiques, dans le but de rencontrer un animal totem. Cette rencontre permettait d'obtenir une guidance spirituelle, de la force, de la créativité et des intuitions.

Aujourd'hui, le tambour peut également être utilisé comme une forme de thérapie pour se libérer de certaines émotions fortes, telles que le chagrin ou la douleur. Les ondes sonores qu'il produit ont une action équilibrante : elles agissent en profondeur sur le corps et l'esprit afin de rétablir un état d'équilibre énergétique, propice au bien-être et à la paix intérieure.

L'utilisation du tambour chamanique dans la méditation de pleine conscience

L'association du tambour de chamane à la méditation possède un pouvoir thérapeutique important. Lors de la pratique, le rythme du tambour entre peu à peu en harmonie avec le rythme du cœur. Cet effet d'entraînement favorise le retour à une respiration régulière et profonde, aidant ainsi à lutter contre le stress, l'anxiété et les émotions négatives.

De plus, le tambour de guérison projette sur le corps une résonance, un motif sonore de soutien auquel le corps peut s'adapter. Cette résonance favorise l'ouverture des différents méridiens et chakras énergétiques du corps : elle libère des schémas émotionnels bloqués, favorisant la guérison et aidant à se reconnecter à soi-même. Les motifs sonores renforcent également le sentiment d'autonomie et stimulent les régions du cerveau liées à la créativité.

Lors de la pratique de la méditation, les sons du tambour offrent une assise au corps et à l'esprit pour se synchroniser et apporter la paix intérieure.

Le tambour est peut-être la plus ancienne forme de méditation active connue de l'humanité. Il peut aider à résoudre une grande quantité de problèmes : retrouver les aspects perdus de l'âme, se libérer d'entités malsaines, résoudre des conflits intérieurs, transformer l'énergie négative des traumatismes passés en énergie positive, ressentir enfin des émotions refoulées, ou se libérer de certains schémas comportementaux.

Les tambours chamaniques dans la tradition bouddhiste

Le tambour tient une place essentielle dans de nombreux rites bouddhistes. Il s'utilise pour soutenir la conscience et maintenir l'éveil. Le son est considéré comme l'une des huit offrandes sensorielles aux êtres éclairés : faire sonner le tambour ou la cloche est ainsi considéré comme une offrande très profonde.

Dans le bouddhisme, le son du tambour et des gongs est également employé pour réunir les moines lors de l'annonce de certains évènements de la vie quotidienne (repas, prière, discours…). Il a pour fonction de marquer le passage du temps et de ramener l'esprit à la pleine conscience, à l'instant présent.

Au Village des Pruniers, monastère bouddhiste fondé par le vénérable moine Thich Nhat Hanh, le son du gong ou du tambour invite les pratiquants à détendre leur corps et leur esprit, et à se concentrer sur leur respiration.

La méditation par le tambour peut aussi permettre de renouer avec sa nature primitive et sauvage. Dans son livre Sacred Land, Sacred Sex, l'autrice Dolores LaChapelle indique que certains rituels, tel que celui du tambour, permettent de rompre notre aliénation : ils permettent de renouer une relation avec notre écosystème, les animaux, les esprits de la nature, afin d'éveiller notre conscience spirituelle et esthétique.

Les bienfaits des tambours chamaniques sur la santé

Sur le plan corporel

  • Diminution de la pression sanguine, de l'anxiété et du stress
  • Amélioration des fonctions cognitives et prévention des pertes de mémoire
  • Diminution des douleurs physiques
  • Stimulation du système immunitaire

Sur le plan émotionnel et psychologique

Selon cette étude, les séances de tambour en groupe comportent de nombreux bienfaits pour la santé. L'étude établit les effets positifs de ces séances sur le plan émotionnel, psychologique et social :

  • Amélioration du bien-être corporel, émotionnel et de l'humeur
  • Développement de l'aptitude à créer des liens sociaux
  • Amélioration des capacités de concentration
  • Renforcement de la conscience de soi et du sentiment d'ancrage
  • Amélioration du sentiment de bien-être en groupe

Le son du tambour pourrait également constituer une aide dans la lutte contre la dépression. Cette thérapie musicale favorise l'expression des émotions tout en procurant une sensation corporelle agréable. Chez les personnes souffrant de dépression ou d'anxiété, la musicothérapie par le tambour peut avoir un effet libérateur sur la santé mentale.

Sur le plan spirituel

La guérison lors de transes chamaniques a la particularité d'agir sur un plan spirituel. La transe induite par les sons du tambour fait entrer le voyageur dans un état modifié de conscience, rendant possible la communication avec le monde des esprits. Lors de ce voyage, le chamane peut rencontrer un animal de pouvoir ou un esprit enseignant. Il guérirait alors le corps physique en amenant l'âme, ou « corps lumineux », dans le « nagual », être mythologique doté de pouvoirs surnaturels. C'est alors dans le nagual que le processus de guérison peut s'opérer.

Le tambour chamanique dans les neurosciences

Les tambours chamaniques produisent des sons binauraux, favorisant la détente du cerveau. Ces fréquences ont le pouvoir d'induire des transformations importantes.

Il a été démontré que le fait de jouer du tambour de façon répétitive, à environ quatre battements par seconde, permet de détendre l'esprit. Cela favorise la production d'ondes cérébrales alpha ou thêta.

Lorsque l'esprit est dans son état normal, il émet des ondes bêta. Les ondes alpha se produisent lorsque le cerveau est dans un état de détente plus profond ; cette fréquence se situe entre 9 et 13 Hz.

Les ondes thêta correspondent au niveau de relaxation le plus bas, situé entre 4 et 8 Hz. Cet état se manifeste lors d'états méditatifs très profonds, et ne s'observe généralement que chez des méditants très expérimentés. L'utilisation du tambour chamanique peut toutefois aider des méditants débutants à atteindre des états de relaxation profonde.

Selon cet article, relatant l'expérience de l'autrice et spécialiste du chamanisme sibérien Corine Sombrun, la transe chamanique induite par le tambour opérerait une transformation du cerveau. Ce processus de transe permettrait d'accéder à un potentiel du cerveau généralement inexploité, proche de l'intuition. La personne en état de transe aurait ainsi la possibilité d'accéder à des informations qu'elle ne perçoit pas dans un état de conscience ordinaire.

Selon certains récits sur la lutte des États-Unis contre les Amérindiens au XIXe siècle, le guerrier apache Géronimo parvenait à échapper à l'armée américaine grâce à des informations extrasensorielles qu'il obtenait du monde invisible.

Le fonctionnement des états de transe provoqués par les fréquences des tambours chamaniques comprend encore de nombreux mystères que la science moderne peine à saisir.

Questions fréquentes sur le tambour chamanique

Faut-il être chamane pour utiliser un tambour chamanique ?

Non. Le tambour peut être pratiqué seul, en dehors de tout cadre initiatique, notamment en méditation ou en pratique de bien-être, en s'appuyant sur ses effets bien documentés sur la détente et la concentration.

À quelle vitesse faut-il jouer du tambour pour favoriser la détente ?

Un rythme régulier d'environ quatre battements par seconde est généralement associé à la production d'ondes cérébrales alpha et thêta, favorables à la relaxation profonde.

Le tambour chamanique peut-il remplacer une thérapie classique ?

Non, il s'agit d'une pratique complémentaire de bien-être. En cas de dépression, d'anxiété sévère ou de trouble psychologique, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.

Conclusion

Le tambour chamanique est une pratique ancestrale remontant à la préhistoire. Dans les religions primitives, les chamanes utilisaient le rythme du tambour pour communiquer avec les esprits et, en accédant à ce monde invisible, ils étaient capables de guérir l'âme de leurs patients. Aujourd'hui, les tambours chamaniques s'utilisent lors de rituels ou associés à une pratique de méditation. Ils favorisent la création d'ondes cérébrales alpha et thêta, favorables au bien-être. De façon plus générale, la pratique du tambour chamanique associée à la méditation peut aider à améliorer la confiance et l'estime de soi, et apporter un soutien pour vivre et assumer son propre destin.

Sources :

Le chamanisme, Michel Perrin, Que sais-je ?

Sacred Land, Sacred Sex ; Rapture of the Deep: Concerning Deep Ecology and Celebrating Life, Dolores LaChapelle

Religion, modernité et temporalité. Sociologie du bouddhisme Chan contemporain, Ji Zhe, Éditions CNRS

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