Les Kotodamas : Guide des sons sacrés de guérison dans le Reiki

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La musique au Japon de même que dans de nombreuses civilisations possède un enracinement dans le sacré. La première forme de musique était liée aux cultes shintoïstes. Il s’agissait d’une musique rituelle alliant la danse, le chant et l’utilisation d’instruments spécifiques, tels que la flûte, les tambours et les cymbales. 

Les Kotodamas proviennent de cette tradition shintoïste japonaise. Ils sont des paroles sacrés inspirées par les dieux. Ils possèdent une qualité énergétique particulière permettant d’agir dans le monde.

Dans la pratique du Reiki, les kotodamas sont utilisés afin d’accompagner les soins énergétiques. 

Les Kotodamas, qu’est-ce que c’est? 

Les Kotodamas sont des sons sacrées utilisés dans le Reiki pour leur pouvoir thérapeutique. Le terme Kotodama peut se traduire par l’expression «mots-âmes». 

Dans la tradition japonaise, les dieux (kamis) ont la capacité d’inspirer les hommes au travers de certains mots à dimension magique. Ces mots sont prononcés à la manière de mantras ou vocalises. Ils permettent l’activation d’un processus de guérison holistique. 

Afin d’activer leur pouvoir énergétique, les sons doivent être prononcé en respectant un certain ordre. Cet ordre porte une dimension cosmologique, liée à l’ordre d’apparition des dieux (kamis) dans la mythologie japonaise. Ainsi lorsqu’un pratiquant prononce les sons en respectant un certain ordre, il se relie au pouvoir énergétique de la création du monde. 

Origines et histoire des kotodamas 

Les Kotodamas existent au japon depuis des temps très anciens. Ils proviendrait du shintoïsme, cette religion primitive à l’origine de la civilisation japonaise. Le shintoïsme est un ensemble de croyances, institutions et rituels axés autour du culte des esprits, ou forces naturels habitant le monde (les “kamis”). 

Les kamis sont des divinités secondaires enfantées par la déesse mère ou déesse du soleil “Amaterasu”. Ces divinités peuplent la nature au Japon. Elles peuvent résider dans un arbre, une rivière, une cascade. Selon la croyance Shintoïste, certains êtres humains à l’origine de grandes réalisations ont la capacité de devenir à leur tour des « kamis ».

Les kotodamas sont des sons ayant le pouvoir d’établir une passerelle entre le monde des hommes et le monde des esprits. Ces sons s’expriment par des vocalises de voyelles spécifiques. 

Les Kotodamas sont employés dans de nombreux pans de la culture japonaise. Dans l’aïkido, les Kotodamas sont employés afin d’aider à coordonner la parole au mouvement. Les sons sacrés imprègnent également la pratique de cette danse japonaise : le butô. 

Longtemps tenus secrets par la famille impériale au Japon, les Kotodamas ont commencé à se diffuser à l’initiative de l’Empereur Meiji. Leur utilisation dans le Reiki est le fruit du maître et fondateur de la discipline : Mikao Usui.

La pratique des kotodamas

Dans le shintoïsme, le développent de l’existence humaine s’effectue par le passage de cinq paliers. Chacun de ces paliers est incarné par le son d’une voyelle. Lorsque l’être humain a parcouru ces cinq paliers par la prononciation des cinq voyelles, il entre dans la dimension divine de l’existence, porteuse de sens et de créativité. Il peut alors marcher sur ce que les shintoïstes appelle le pont flottant qui mène au ciel ou “ame no uki hashi”, où la volonté individuelle fusionne alors avec celle de l’univers. 

Portail traditionnel japonais. Architecture Shintô.
  • Le son A. Ce son est associé à l’inspiration, à l’intuition, l’imagination et l’empathie. Il est une énergie d’ouverture, permettant d’accueillir le souffle de la création animant les artistes, les inventeurs ou les chercheurs. Il permet de créer l’espace essentiel à la création. Il s’agit de l’énergie qui précède le mouvement de toute chose. Cette énergie peut aussi être illustrée par la notion de vide, propre à la culture chinoise, qui est l’élément nécessaire permettant l’avènement de la vie. Dans la peinture chinoise de paysage, le vide est l’espace de création.
  • Le son I. Ce son est associé à l’expression, au début et au discernement. Il correspond à la matérialisation d’idées, de points de vu. Il est une confrontation au réel permettant de donner vie à la matière. A l’image du sculpteur qui sculpte la pierre pour faire son oeuvre, le son i est l’impression de la forme dans la matière. 
  • Le son E. Ce son est associé à la décision, au choix, au renoncement. Nous évoluons dans un monde complexe. De cette complexité née la difficulté à prendre des décisions. Le E est l’énergie de la délibération, permettant de trancher le pour et le contre afin de prendre la bonne décision.
  • Le son O. Ce son est associé au déploiement de la mise en oeuvre. Après la décision vient le temps de l’action. L’énergie du O est celle de l’auto-organisation et du déploiement de l’énergie créatrice dans le monde.
  • Le son U. Le son u est associé à la concrétisation, la conservation, l’héritage. Il est l’énergie consistant à finir les actions entreprises. Cette énergie du O se déploie dans la durée, au temps durant lequel les décisions s’incarnent dans la réalité.

Dans la tradition shintoïste, la vocalisation de ces voyelles contribue à ouvrir un espace de plénitude au potentiel de transformation immense. 

Le chant des kotodamas peut également s’intégrer lors d’une pratique de la méditation. Il permet d’apaiser le mental, de se libérer des tensions, de soulager le stress. 

Selon la croyance shintoïste, les kotodamas sont présents en chacun de nous. Leur verbalisation consiste seulement à les activer afin de leur donner vie. Leur activation permet alors d’élever la fréquence vibratoire ainsi que le potentiel de guérison du pratiquant. 

Ce prinicipe des cinq sons de guérison est également utilisé en analyse transactionnelle afin de mettre en oeuvre le changement dans les organisations. 

Kotodama et Reiki 

Etymologie 

Le mot Kotodama possède un kanji (idéogramme), semblable au mot “reiki”. Il s’agit de “Tama” signifiant en japonais «la force de vie présente en toute chose». Dans la tradition shintoisme, chaque divinité possède le tama de même que chaque être humain. A sa mort, le “tama” de l’homme se transforme en “Rei”, c’est à dire en esprit. Ainsi “Tama” et “Rei” sont les deux formes de manifestation de l’énergie universelle.

Le Reiki est le principe qui nous permet de nous relier à l’abondance de l’énergie universelle. Kotodama correspond à l’incarnation par le son de l’énergie universelle. Ainsi Reiki et Kotodama sont intrinsèquement liés.

Sanmitsu ou les 3 mystères

Dans l’école bouddhiste japonaise ésotérique, les trois mystères sont le corps, la parole et le son. Au fil de la pratique de rituels, de méditations ou de mantras, il est possible d’associer le corps, la parole et le son afin de réaliser sa vraie nature. Le son, au travers des Kotodamas joue un rôle essentiel dans la réalisation de la trinité lumière-son-matière. Il offre la possibilité de la réalisation de l’unité.

Conclusion

Les Kotodamas sont des sons sacrés dont l’origine remonte à la nuit des temps. Ces sons renvoient à la création de l’univers. Ils incarnent l’énergie universelle permettant d’accéder à un potentiel de guérison et élever sa fréquence vibratoire. Prenant leur racine dans la plus ancienne religion japonaise, le shintoïsme, ils ont longtemps été tenus secrets par les Empereurs avant d’être diffusé à partir de l’ère Meiji. Les Kotodamas ont par la suite été intégrés à la pratique du Reiki par son créateur Usui Sensei.

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